chevalier


chevalier

chevalier, ière [ ʃ(ə)valje, jɛr ] n.
chevaler 1080; lat. caballarius, d'apr. cheval
I
1 N. m. Seigneur féodal possédant un fief suffisamment important pour assurer l'armement à cheval. Noble admis dans l'ordre de la chevalerie. chevalerie; paladin, preux. Galanterie, vaillance de chevalier. chevaleresque. Jeune noble faisant son apprentissage de chevalier. bachelier, 2. page, valet. L'écuyer d'un chevalier. Armer, recevoir chevalier. accolade, adoubement. La veillée d'armes d'un chevalier. Défi ( cartel) , combat de chevaliers ( champion, tenant) en champ clos ( joute, tournoi) . Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche. « Le Chevalier au lion », de Chrétien de Troyes. Les chevaliers de la Table ronde : les compagnons du roi Artus. — Loc. Chevalier errant : chevalier qui allait par le monde pour redresser les torts, combattre dans les tournois. Le chevalier à la Triste Figure : Don Quichotte. — Se faire le chevalier de qqn, prendre sa défense. Chevalier servant : celui qui rend des soins assidus à une femme. ⇒ cavalier, sigisbée.
2 N. m. (1538) Au Moyen Âge, Membre d'un ordre de chevalerie (3o). Chevalier teutonique. Chevalier de Malte, du Saint Sépulcre. Les templiers, chevaliers de l'ordre du Temple.
N. Membre d'un ordre honorifique, et spécialt (dans un ordre où il y a plusieurs grades) Personne qui a le grade le moins élevé. Il est chevalier de la Légion d'honneur, du Mérite agricole. Être nommé chevalier. Elle « fut faite chevalière de l'Ordre de Léopold » (H. Calet).
N. m. Antiq. Membre de l'ordre équestre, à Rome.
3 N. Dans la noblesse, Celui qui est au-dessous du baron. Le chevalier des Grieux (dans « Manon Lescaut »).
4 N. m. (1633) Fig. Chevalier d'industrie : individu qui vit d'expédients. ⇒ aigrefin, escroc.
II N. m.
1Oiseau échassier migrateur au bec droit (charadriiformes). gambette.
2Poisson des Antilles, aux vives couleurs, à nageoire dorsale très allongée (perciformes).
Omble-chevalier.

Chevalier homme qui entoure une femme de prévenances et d'hommages assidus.

Chevalier
n. m.
rI./r
d1./d FEOD Celui qui appartenait à l'ordre de la chevalerie. Un preux chevalier.
Le Chevalier de la triste figure: Don Quichotte.
Les chevaliers de la Table ronde: les compagnons du roi Arthur.
Les chevaliers du Temple: V. Templiers.
|| Fig., plaisant être le chevalier servant d'une femme, l'entourer de soins, de prévenance.
d2./d Grade le plus bas d'une décoration civile ou milit., d'un ordre de chevalerie; le titulaire de ce grade. Chevalier de l'ordre de Malte.
d3./d Fig., Fam. Chevalier d'industrie: escroc, aventurier.
rII./r ORNITH Nom cour. de divers oiseaux charadriiformes (genres Tringa et voisins) élancés, à long bec fin et à longues pattes. Le chevalier gambette est commun en Europe et dans le nord de l'Asie. Le chevalier combattant niche en Europe du Nord et hiverne en Afrique.
Omble chevalier: V. omble.
————————
Chevalier
(Maurice) (1888 - 1972) chanteur fantaisiste français et acteur de cinéma.

I.
⇒CHEVALIER1, subst. masc.
I.— HISTOIRE
A.— ANTIQ. (en partic. à Rome). Membre de l'ordre équestre intermédiaire entre les patriciens et les plébéiens :
1. ... j'aurais été étouffé sous les rapports et les ordonnances comme Clélie sous les bracelets d'or et les boucliers des chevaliers romains; ...
A. DUMAS Père, Comment je devins auteur dramatique, 1833, introd., p. 29.
B.— Moy. Âge occidental
1. Noble, plus rarement bourgeois, admis dans l'ordre de la chevalerie. Chevalier preux; Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche; armer qqn chevalier :
2. Balian était le type même du « courtois chevalier » selon l'idéal de notre douzième siècle, prudent et sage autant que vaillant.
GROUSSET, L'Épopée des croisades, 1939, p. 246.
♦ Proverbes. Nul chevalier sans prouesse. Faveurs, femmes et deniers font de vachers chevaliers.
Chevalier du guet. Commandant des Archets du guet qui assurait la garde de nuit dans les grandes villes. Jehan de Harlay, écuyer, garde de l'office de chevalier du guet de nuit de la ville de Paris (HUGO, Notre-Dame de Paris, 1832, p. 53).
2. Membre d'un ordre religieux et militaire. Chevalier teutonique; chevalier de Malte, de Rhodes, du Temple.
Chevaliers-banquiers (en parlant des Templiers) :
3. Joinville conseilla de contracter un emprunt auprès des Templiers, puisque l'Ordre faisait ouvertement la banque. Le Commandeur du Temple refusa. Pour respectueux que fût Louis IX des privilèges des ordres, il fut suffoqué. Mandaté par lui, Joinville se rendit sur la maîtresse galère du Temple, où se trouvaient les coffres-forts des chevaliers-banquiers.
GROUSSET, L'Épopée des croisades, 1939, p. 367.
3. Jeune noble se vouant au service d'une dame. Je me suis déclaré le chevalier de la jeune et charmante Délie (Mme DE GENLIS, Les Chevaliers du Cygne, t. 2, 1795, p. 205).
Mod., souvent iron. Être le chevalier servant d'une dame. L'entourer d'hommages, de soins assidus :
4. ... il [l'auteur] a tant d'intérêt à faire entendre qu'au moment où l'actrice [Jenny Colon] ignorait l'amour et jusqu'à l'existence du chevalier servant, ...
DURRY, Gérard de Nerval et le mythe, 1956, p. 41.
4. LITT. Héros de roman. Les Chevaliers de la table ronde.
Chevalier errant, c'est-à-dire « itinérant ». Chevalier allant par le monde pour combattre dans les tournois et redresser les torts :
5. ... je n'aimais pas du tout que mon héros servît de modèle au chevalier de la triste figure. (...) Pour m'empêcher de trahir, je fis régner la terreur dans ma tête et dans mon vocabulaire, je pourchassai le mot d'héroïsme et ses succédanés, je refoulai les chevaliers errants,...
SARTRE, Les Mots, 1964, p. 144.
Rem. Encore à une époque plus récente : (Don Quichotte), chevalier à la triste figure. Et Don Quichotte! Le chevalier de la triste figure pense à l'Espagnole, déforme toutes choses (BARRÈS, Gréco, 1911, p. 141).
C.— [Noblesse d'Ancien Régime] Noble dont le degré est en-dessous de celui du baron :
6. La maison de Cadignan, qui possède le titre de duc de Maufrigneuse pour ses fils aînés, tandis que tous les autres se nomment simplement chevaliers de Cadignan, est une de ces familles exceptionnelles.
BALZAC, Les Secrets de la princesse de Cadignan, 1839, p. 302.
Rem. On rencontre ds la docum. le fém. chevalière aux sens de a) Femme d'un chevalier. P. métaph. La sœur Eustoquie acheva de s'y dessiner en docte héroïne, en chevalière de la grâce (SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 4, 1859, p. 165). b) Femme appartenant à un ordre de chevalerie (cf. CHATEAUBRIAND, Génie du Christianisme, t. 2, 1803, p. 474). Chevalières de Saint-Jacques de l'Épée.
II.— Moderne
A.— Membre d'un ordre.
1. Membre d'un ordre nobiliaire d'inspiration religieuse. Les chevaliers de Malte.
2. Membre d'un ordre honorifique. Chevalier de la Légion d'honneur, de l'ordre du Mérite. Premier degré de ces ordres :
7. Il [Dufour] se donnait pour lieutenant et chevalier de la Légion d'Honneur.
DE GAULLE, Mémoires de guerre, 1956, p. 216.
Rem. ,,Sans fém. Madame X a été nommée chevalier de la Légion d'Honneur`` (BONN.-LEIS. 1970).
B— Au fig.
1. Celui qui se dévoue à une noble cause :
8. Il [Déroulède] désire une occasion d'être sublime, de se conduire en héros, en martyr, avec noblesse, avec désintéressement, bref en chevalier, et nul doute qu'il ne se conduise ainsi si l'occasion s'en présente.
BARRÈS, Mes cahiers, t. 10, 1913-14, p. 311.
Loc. Se poser en chevalier pour qqn; se faire le chevalier de qqn. Se dévouer pour quelqu'un :
9. ... j'avais là des amis inconnus qui s'entendirent pour conjurer l'orage : entre autres un tanneur à qui j'ai su toujours gré de s'être posé pour moi en chevalier dans cette belle affaire, quoique je ne lui eusse jamais parlé.
G. SAND, Histoire de ma vie, t. 3, 1855, p. 341.
2. Péj. Chevalier d'industrie. Personne qui se livre à des activités peu scrupuleuses, aventurier, escroc :
10. Ces gens de l'hôtellerie et de la limonade manquent de psychologie : ils prennent un chevalier d'industrie avec de faux bijoux à tous les doigts pour un prince authentique...
CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 77.
Rem. On rencontre également le fém. chevalière d'industrie. Il [le valet] est de moitié avec tous les chevaliers et toutes les chevalières d'industrie (JOUY, L'Hermite de la Chaussée d'Antin; t. 2, 1812, p. 16).
P. anal. Chevalier + compl. introd. par de. Homme dont l'honnêteté est douteuse. Chevalier d'aventure, de fortune, de la lune :
11. ... il est question des deux fils, ces chevaliers du biceps, se battant tous les soirs et mettant en bouillie les gens d'un coup de poing.
E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1895, p. 779.
III.— [P. anal. de forme ou de couleur] SC. NAT.
A.— Oiseau d'eau au long bec et aux doigts légèrement palmés appartenant à la famille de la bécasse (cf. P. VIALAR, L'Homme de chasse, 1961, p. 135).
B.— Poisson aux couleurs vives vivant surtout dans les mers chaudes et appartenant à la famille du saumon.
Rem. Attesté ds Lar. 19e, Lar. Lang. fr. et ds QUILLET 1965.
Prononc. et Orth. :[()valje]. Pour [] muet cf. chemin. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 dr. féodal chevaler (Roland, éd. J. Bédier, 359); 1130-40 chevalier (WACE, Conception ND, éd. W. R. Ashford, 29); spéc. ca 1130 armer quelqu'un a chevalier (Gormont et Isembard, éd. A. Bayot, 332); ca 1170 chevalier errant (CHRÉTIEN DE TROYES, Erec, éd. M. Roques, 1117); ca 1275 fém. chevaliere « femme de chevalier » (J. DE MEUN, Rose, éd. F. Lecoy, 11551); 1690 (FUR. : Chevalier s'est dit [...] de ceux qui ont entrepris de servir & de proteger une Dame); 1762 se faire le chevalier de quelqu'un (Ac.); 1855 fig. se poser en chevalier pour quelqu'un (supra ex. 9); 2. a) 1512 « celui qui reçoit une décoration instituée par un souverain » (Livre des ordonnances des chevaliers de l'ordre du tres chrestien roy de France Louys XI a l'honneur de Sainct Michel ds CHEV. Topo-); d'où 1606 désigne un titre de noblesse (NICOT); b) 1538 [d'apr. FEW t. 2, p. 3] 1549 chevalier « membre de certains ordres militaires et religieux » (EST.); ironiquement 1555 chevalier de l'ardente espée (J. TAHUREAU, 1er Dial. du Democritic, p. 18 ds HUG.); 1633 iron. chevaliers de l'industrie (DE LA GENESTE, trad. de QUEVEDOS, Historia de la Vida del Buscón d'apr. FEW, s.v. caballarius, note 3 et COR., s.v. caballo, note 4); 1713 chevalier d'industrie (Gongam ou l'Homme prodigieux, etc., 2e édition. A Paris, chez Pierre Prault, in-8°, tom. 1er, p. 99 ds MICHEL); 1732 fém. chevaliere « femme qui appartient à un ordre de chevalerie » (Trév.); 3. 1548 hist. romaine chevalier « citoyen romain, membre de l'ordre équestre » (Ét. de la Planche, trad. des Cinq prem. Liv. des Annales de TACITE, L. III, p. 128 ds HUG.); 4. sc. nat. a) 1555-57 ornith. (BEL[ON], 1. 4 ds RICH.); b) 1814 ichtyol. ombre-chevalier (BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, Harmonies de la nature, p. 227). Du b. lat. caballarius attesté au sens de « cavalier » dans les gloses (TLL s.v. et HOLLYMAN, p. 130, note 8) puis de « guerrier à cheval » (807 [?] Capitulaire des rois francs ds NIERM.) d'où « homme tenu à fournir certains services avec un cheval » (mil. IXe s. ds Mittellat. W. s.v., 2, 11) puis « homme appartenant à l'ordre des chevaliers » (ca 961, ibid., 2, 18), « vassal qui accomplit le service chevaleresque » (fin IXe s., Relations des comtes de Foix avec la Catalogne ds NIERM.); v. aussi HOLLYMAN, pp. 129-135. Chevalier d'industrie est la trad. de l'esp. caballero de industria, le mot étant passé du castillan dans toutes les lang. européennes. Au sens 3, chevalier traduit le lat. eques (cf. caballus qui a évincé equus). Voir J. Flori ds Le Moyen Âge, t. 81, 1975, pp. 219-244 et 407-447.
STAT. — Chevalier1 et 2. Fréq. abs. littér. :4 180. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 10 903, b) 5 961; XXe s. : a) 3 526, b) 3 156.
BBG. — DEUTSCHMANN. Z. rom. Philol. 1953, t. 69, p. 136. — GOUGENHEIM (G.). De chevalier à cavalier. In : [Mél. Hoepffner (E.)]. Paris, 1949, pp. 117-126. — GOUG. Mots t. 1, 1962, p. 165. — RUSSO (V.). Cavaliers et clerc. Filologia romanza. 1959, t. 6, pp. 305-322; Studi francesi. 1961, t. 5, p. 128.
II.
⇒CHEVALIER2, IÈRE, adj. et subst.
A.— Emploi adj., rare
1. Qui rappelle la noblesse et la générosité du chevalier. Avoir une âme chevalière :
1. Toute cette générosité jeune et chevalière promue (...) cette race de grâce, cette race de sainteté si particulière, si chevalière, si généreuse, si libérale, si française.
PÉGUY, Victor-Marie, Comte Hugo, 1910, p. 804.
P. ext. :
2. Ma dernière lettre était du genre cavalier, plutôt que chevalier. À peine fut-elle partie, que j'en eus du remords. Pardonnez-la-moi.
MONTHERLANT, Les Jeunes filles, 1936, p. 1028.
2. Synon. de cavalier2 :
3. Au fond, Gringoire, comme M. Despréaux, était « très peu voluptueux ». Il n'était pas de cette espèce chevalière et mousquetaire qui prend les jeunes filles d'assaut.
HUGO, Notre-Dame de Paris, 1832, p. 116.
B.— Subst., BIJOUT. Bague à la chevalière ou absol. chevalière. Bague à gros chaton sur lequel sont gravées des armoiries ou des initiales :
4. La Citrouille leva en l'air sa main grasse et molle ornée à l'auriculaire d'une chevalière énorme.
VAN DER MEERSCH, Invasion 14, 1935, p. 177.
Prononc. et Orth. :[()valje], [()]. Le 2e est attesté ds Ac. 1932 au sens de bague. Étymol. et Hist. 1. Adj. 1548 « relatif au chevalier (romain) » Fortune chevalière [Fortuna equestris] (Ét. de la Planche, trad. des Cinq. prem. Liv. des Annales de TACITE, L. III, p. 128), rare; 1600 « relatif à un chevalier » (CL. FAUCHET, Origines des Chevaliers, à Gilles de Souvré ds HUG.); 2. 1818 redingote à la chevalière (Observateur des modes, II, I, p. 16 ds Fr. mod., t. 20, 1952, p. 300); 1820 bague à la chevalière (Ibid., VI, p. 415, loc. cit.); d'où 1821 subst. chevalière (Ibid., VII, 520, loc. cit.). Même mot que chevalier1. Fréq. abs. littér. Chevalière : 32. Bbg. GREIMAS (A.-J.). Nouvelles dat. Fr. mod. 1952, t. 20, p. 300.

chevalier [ʃ(ə)valje] n. m.
ÉTYM. V. 1130; chevaler, 1080; du lat. caballarius, d'après cheval.
———
I
1 Antiq. Dans l'ancienne Rome, Membre de l'ordre équestre, intermédiaire entre les patriciens et les plébéiens.
1 (…) Servius n'abaissa la puissance du patriciat qu'en fondant une aristocratie rivale. Il créa douze centuries de chevaliers choisis parmi les plus riches plébéiens; ce fut l'origine de l'ordre équestre, qui fut dorénavant l'ordre riche de Rome.
Fustel de Coulanges, la Cité antique, IV, 10, p. 381.
2 Hist., cour. Seigneur féodal possédant un fief suffisamment important pour assurer l'armement à cheval.
Noble admis dans l'ordre de la chevalerie. Chevalerie; paladin, preux. || Galanterie, vaillance du chevalier. || Chevalier loyal, noble. || Chevalier discourtois, félon. || Jeune noble faisant son apprentissage de chevalier. Bachelier, page, varlet. || Écuyer d'un chevalier. || Veillée d'armes d'un chevalier. || Armer, recevoir chevalier. Accolade, adoubement. || Couronne héraldique de chevalier. || Cor des chevaliers ( Olifant). || L'amour courtois, idéal du chevalier. Cour (d'amour). || Défi de chevalier à chevalier. Cartel. || Combat de chevaliers ( Champion, tenant), en champ clos ( Joute, tournoi). || Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche. || Exploits de chevaliers célébrés dans les chansons de geste, les romans de chevalerie. || Le Chevalier au lion, le Chevalier à la charrette, de Chrétien de Troyes. || Les chevaliers de la Table ronde, compagnons du roi Arthur.
2 Des chevaliers français tel est le caractère.
Voltaire, Zaïre, II, 3.
3 Beau chevalier qui partez pour la guerre,
Qu'allez-vous faire
Si loin d'ici ?
A. de Musset, Barberine, III.
4 Le chevalier breton, tout comme le troubadour méridional, se reconnaît le vassal d'une Dame élue.
D. de Rougemont, l'Amour et l'Occident, p. 22.
Hist. || Chevalier du guet : commandant d'une garde qui faisait le guet dans les grandes villes.
Loc. Chevalier errant : chevalier qui allait par le monde pour redresser les torts, combattre dans les tournois et acquérir du renom.
5 Seigneur aventurier, s'il te prend quelque envie
De voir ce que n'a vu nul chevalier errant,
Tu n'as qu'à passer ce torrent.
La Fontaine, Fables, X, 13.
Fig. Chevalier de la Triste Figure : homme d'aspect malheureux, par allusion au personnage de Don Quichotte.
Vieilli. Être un vrai chevalier : avoir de la noblesse, de la courtoisie dans ses procédés. — ☑ Fig. Se faire le chevalier de qqn, prendre sa défense. || Le chevalier d'une dame, celui qui lui rend des soins assidus. On dit plutôt, de nos jours, chevalier servant.
6 Chevalier servant d'Aziyadé qu'il adore; il est jaloux pour elle, plus qu'elle, et m'épie à son service, avec l'adresse d'un vieux policier.
Loti, Aziyadé, VIII, p. 84.
3 (1538). Membre d'un ordre honorifique. Chevalerie (A., 3.). || Les Chevaliers teutoniques. || Chevalier de l'Annonciade, de Malte, du Saint-Sépulcre. || Templier, chevalier de l'ordre du Temple. || Commandeur d'un ordre de chevaliers.
tableau Principaux noms de religieux.
Membre d'un ordre honorifique, et, spécialt, (dans un ordre où il y a plusieurs grades) personne qui a le grade le moins élevé. || Chevalier de Saint-Michel, du Saint-Esprit. || Chevalier de la Toison d'or, de l'ordre de la Jarretière.Chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur, du Mérite agricole ( Décoration). || Porter la croix, la décoration de chevalier.
4 Dans la noblesse, Celui qui est au-dessous du baron. || Le chevalier des Grieux (dans Manon Lescaut).
5 a (1633). Fig. Chevalier de l'industrie (vieilli), d'industrie : individu qui vit d'expédients. Aigrefin, escroc.
7 Je m'associai ensuite avec des chevaliers d'industrie, qui cultivèrent si bien mes heureuses dispositions, que je devins en peu de temps un des plus forts de l'ordre
A. R. Lesage, Gil Blas, V, 1.
8 Eux, des comtes ! des vicomtes ! Tout au plus des chevaliers d'industrie. Ce sont des escrocs, des gens de basse police, vous dis-je.
Louise Michel, la Misère, t. II, p. 404.
b (XVIIIe). Loc. fam. Chevalier de la manchette : homosexuel.
c Loc. Argot. Chevalier du bidet : souteneur.
———
II Oiseau charadriiforme (Charadriidés-scolopacinés), scientifiquement appelé tringa, au bec droit, grêle, long et incurvé vers le haut, aux tarses longs et grêles. Bécasson. || Les chevaliers sont des échassiers migrateurs.Chevaliers à pieds rouges. Gambette. || Chevalier combattant.
tableau Noms d'oiseaux.
DÉR. Chevalière.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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